La hausse de l immobilier n a pas que des bons côtés pour les propriétaires, qui finissent par être assujettis à l ISF.
Près de 400.000 contribuables ont été assujettis à l ISF en 2005, soit 60.000 de plus qu en 2004. Cette hausse s explique en grande partie par la hausse de l immobilier. Même si cet impôt très polémique touche 2% des Français, cette augmentation brutale suscite l interrogation, étant donné que bien souvent ce patrimoine est purement virtuel et soumis à la spéculation.
Vincent Drezet, du SNUI ne défend pas l ISF en l état, estimant qu il a sans doute besoin d une vraie réforme. Il regrette particulièrement certaines injustices liées selon lui aux multiples exonérations prévues par la loi (biens professionnels, objets d art, etc.) dont profitent en priorité les détenteurs de patrimoines importants. Selon lui, pour que l ISF soit plus juste et aussi mieux compris, il faudrait un élargissement de son assiette, et ajoute que dans le cadre d une assiette élargie, un geste pourrait être fait concernant la taxation de la résidence principale.
Il n en reste pas moins que la france figure parmi les derniers pays d europe à disposer encore d un "ISF", et que ce dernier fait partie des rares impôts dont les seuils d imposition augmentent moins vite que l inflation.
A sa création en 1981, le seuil était de 3 millions de francs, ce qui, en suivant l inflation, correspondrait à 970.000 euros en 2006. A la place, le seuil 2006 atteindra péniblement 750.000 euros. A cette allure, il y a fort à parier que le nombre de contribuables soumis à cet impôt augmente indéfiniement jusqu à atteindre une part importante de la population.
Certaines exonérations apparaissent également bien discutables. Les oeuvres d art en sont exonérées, mais pas la résidence principale pourtant bien plus nécessaire au quotidien. Un paradoxe difficilement compréhensible pour tous ceux qui possèdent une maison taxée mais pas de tableau de Picasso dans leur salon.
Le débat reste cependant ouvert sur l ISF, et ne fera que s accentuer au fur et à mesure que le nombre de ses contributeurs augmentera.